Vie de campus
Le grand retour de L’Insatiable, le journal étudiant de l’INSA Lyon
Endormi depuis 2023, le journal étudiant emblématique de l’INSA Lyon reprend vie. Héritier de quarante ans d’histoire, L’Insatiable revient avec une nouvelle formule, mêlant papier, numérique et réseaux sociaux. Un projet collectif porté par une nouvelle génération d’élèves-ingénieurs.
« Ce journal se veut à la fois d’information et d’expression. Il est ouvert à tous les élèves et à toutes les personnes travaillant ou étant intéressées par l’INSA. »
C’est sur cette déclaration d’intention que naît L’Insatiable, le 28 novembre 1984. Son « Numéro Zéro », distribué à 4 000 exemplaires sur le campus de la Doua, pose les bases d’un journal étudiant à la fois curieux, critique et assurément ancré dans la vie insalienne.
Dès janvier 1985, le numéro 1 installe des rubriques appelées à devenir emblématiques : Humeurs, Page culturelle, Clubs, puis À l’INSA, sans oublier le traditionnel Dossier, capable d’aborder aussi bien l’eugénisme que la gastronomie du « RI », ou encore l’amour.
Pendant près de quarante ans, L’Insatiable raconte la vie étudiante, associative et parfois laborantine du campus. Cinq numéros papier par an, huit pages de débats, d’informations, de potins et de créations : jusqu’en décembre 2023 et son numéro 186, le journal accompagne des générations d’élèves.
Puis, faute de contributions et de forces vives, il s’endort. « Le journal est mort par manque de personnes volontaires », résume Louis Migrenne, élève-ingénieur en informatique à l’INSA Lyon, et membre de l’équipe à l’origine de sa relance. Dans le dernier numéro, son président de l’époque écrivait déjà : « Alain rentrera cette fois-ci définitivement en sommeil (…) attendant qu’une troupe de princes et de princesses le réveille ». Alain Satiable, clin d’œil phonétique, personnifie depuis longtemps le journal lui-même.
La notif’ qui tire Alain de son sommeil
Ce réveil a lieu à la rentrée 2025-2026. À l’initiative de L'Alir, l'Association de Littérature de l'INSA qui rassemble tous ceux qui s'intéressent à l'écriture et à la lecture, L’Insatiable renaît sous une forme repensée, plus en phase avec les usages contemporains.
« On est une équipe de gestion d’une huitaine de personnes, avec une organisation horizontale : il n’y a pas de rédacteur en chef, tout est collaboratif », explique Louis Migrenne. Fidèle à son ADN, le journal reste ouvert : chacun peut proposer des articles, des dessins ou des créations diverses, relus collectivement avant publication.
Au papier s’ajoutent désormais Instagram, bientôt un site web dédié, et même des formats audiovisuels. « À l’époque de la génération Z, quoi de mieux qu’une notification Instagram pour tirer le vieux Alain de son sommeil ? », écrivait l’équipe dans un article numérique publié en début d’année scolaire.
La ligne éditoriale se veut équilibrée : « Idéalement, 60 % de sujets sur le campus et 40 % sur l’extérieur », avec un souci constant de neutralité et de rigueur. « Si un article est une opinion, on l’indique clairement. Notre rôle, c’est aussi de faire attention au fond lors des relectures. »
Numéroté 187, comme si la pause n’avait jamais existé, le premier numéro de cette nouvelle mouture marque une continuité assumée. Une édition papier a déjà vu le jour, une autre est prévue en juin, tandis que de nouveaux formats - micro-trottoirs, contenus multimédias - sont à l’étude.
Plus qu’un simple retour, L’Insatiable affirme ainsi sa vocation : être un espace d’expression étudiante et mémoire vivante du campus. Un journal qui, hier comme aujourd’hui, insatiable, n’attend qu’une chose : que l’on continue à l’alimenter.
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