VIE DU CAMPUS

17 jan
17/jan/2018

VIE DU CAMPUS

Engagement associatif : chez les profs aussi !

C’est l’une des spécificités de l’INSA : une vie associative dont on vante les mérites. Et chez les enseignants aussi, elle est foisonnante. Entretien avec Stéphane Frenot, directeur et enseignant au département Télécommunications, Services et Usages (TC), qui a introduit la notion d’agilité à l’INSA en passant par le monde associatif.

Comment avez-vous découvert la notion d’agilité ?
J’ai été recruté en tant que Maître de Conférences au département TC en 1999, un an après sa création. En 2001, je commence à entendre parler d’agilité et je m’y intéresse de près pour les cours de gestion de projets informatiques. Cette vision plus adaptée à ce que je pouvais constater dans les projets numériques me plaît et je décide de l’intégrer à mes cours. A cette époque-là, je peine à trouver des intervenants pour la développer, je crois que c’était un peu trop tôt. Les choses se sont vraiment accélérées en 2005 lorsque je rencontre un grenoblois, Alexandre Boutin, qui officie en tant que « coach agile », et travaille à base de jeux. Il avait créé à Grenoble l’association CARA (Club Agile Rhône-Alpes), et voulait l’étendre sur Rhône-Alpes. Ensemble, nous cherchons un point de chute sur Lyon et je propose l’amphithéâtre de TC, pour organiser une fois par mois une conférence sur l’agilité. Un réseau d’habitués se crée et quelques membres de l’association CARA deviennent très actifs. L’envie d’autonomie nous pousse à déposer les statuts de l’association CARA Lyon en 2013.

Quels changements la naissance de CARA Lyon a-t-elle impliqué ?
D’abord, dans son fonctionnement-même, CARA Lyon est en adéquation avec notre thématique ! C’est une association loi 1901 avec la particularité d’être un collectif et de fonctionner sans président, secrétaire et trésorier. Chaque membre du collectif est responsable de l’association, et cela correspond parfaitement à ce qui se cache derrière la notion d’agilité : il n’y a pas de hiérarchie mais une transversalité des responsabilités.

Le terme d’agilité s’est ensuite couramment répandu, allant vers une professionnalisation des idées initiales. Nous avons invité de plus en plus de gens de l’extérieur à nos conférences, des personnalités françaises et internationales qui animent des « talks » pour parler de leur expérience en la matière. A chaque conférence invitée, une centaine de personnes se déplacent. Le réseau s’est bien développé depuis 2/3 ans, grâce notamment à l’existence de la conférence « Agile Lyon », qui fédère la communauté et qui aura lieu le 23 mars 2018.

Quel lien y a-t-il aujourd’hui entre votre engagement associatif et votre casquette d’enseignant à l’INSA Lyon ?
La transmission. Je pense que c’est le rôle d’une école d’ingénieur de se tourner vers la société civile, et de permettre l’exploitation de locaux par des gens qui en ont besoin. C’est ce que j’ai proposé de faire au département TC.

Et en ce qui concerne l’engagement associatif, il ne faut pas qu’il soit trop contraignant, il faut trouver une forme d’équilibre avec la vie professionnelle. Beaucoup de gens sont prêts à continuer à parler de leur boulot en afterwork, et le monde associatif propose un modèle d’interaction simple. Le fonctionnement du CARA précisément est pour moi intéressant parce qu’il est ultra mobile et dynamique, c’est un collectif, avec du turn over. Il faut simplement des gens motivés pour gérer l’association.

Diplômé ingénieur INSA, pensez-vous que votre goût pour l’associatif vienne de votre vécu sur le campus de l’INSA ?
Sans doute. Originaire de Strasbourg, je voulais être ingénieur et j’ai postulé à l’INSA parce que j’en avais entendu que du bien. En première année, je me suis retrouvé au cœur d’un groupe solidaire, le groupe 8, et on a tous choisi le département IF, par « effet de corps ».

Le Groupe 8, en 1987 et 2017

J’ai découvert la vie associative ici, à l’INSA. J’ai fait partie du club de volley, travaillé sur Radio Brume, j’ai été trésorier de la COOP à l’époque où on vendait de tout, jusqu’aux billets de train au tarif étudiant. J’ai aussi été président du Club BD, participé à l’association VISA issue du club photo, et participé en 1993 à l’organisation logistique de la TransAtlas : un marathon par jour pendant 5 jours à travers le Maroc…

J’ai vite apprécié l’ambiance associative à l’INSA, avec des modèles de structures de groupes sans carcan économique.

Diplômé en 1993, j’ai poursuivi une thèse CIFRE avec le laboratoire LISI. J’ai ensuite été ingénieur de recherche à l’INSA pendant un an, avant d’être recruté à TC et de pouvoir explorer de nouvelles voies, comme l’agilité.

Pour vous, le modèle agile est-il le modèle du futur ?
C’est une vraie question d’actualité. Toutes les entreprises qui ont voulu tester l’agilité se sont aperçues que cela ne pouvait pas fonctionner sans adaptation. Mais elles ont quand même conservé des pratiques agiles tout en préservant un modèle plus traditionnel de contractualisation.

L’agilité, c’est avant tout un état d’esprit d’accompagnement des projets, une manière différente de voir les interactions, et les objectifs d’une équipe. C’est ce qu’on peut constater chez les étudiants aujourd’hui, qui ne voient pas les entreprises comme avant, et rejettent certains modèles trop rigides.