Institutionnel

19 jan
19/jan/2026

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Une nouvelle direction pour structurer l’entrepreneuriat et l’innovation à l’INSA Lyon

Avec la création d’une direction Entrepreneuriat et Innovation, l’INSA Lyon franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de sa stratégie Ambition 2030. L’établissement entend renforcer son rôle dans l’émergence de projets d’ingénierie innovants et responsables, au service des grandes transitions. Le directeur Charly Jucquin détaille les objectifs de cette nouvelle gouvernance, les transformations déjà à l’œuvre et l’ambition portée par l’établissement.

En ce mois de janvier 2026, vous prenez la tête de la nouvelle direction Entrepreneuriat et Innovation. Que représente sa création pour l’INSA Lyon ?
C’est un signal politique très fort, tant en interne qu’en externe. Jusqu’ici, cette dynamique était portée par une direction adjointe. En créant une direction de plein exercice, rattachée directement à la direction générale et inscrite au cœur de notre plan stratégique « Ambition 2030 », l’établissement affirme que l’entrepreneuriat et l’innovation ne sont plus des options, mais des piliers centraux de notre identité. Nous voulons passer d’une logique de « programmes » à une véritable animation transversale de notre stratégie.

Entreprendre@INSA existait déjà. Qu’est-ce qui change concrètement avec ce nouveau statut et ce nouveau périmètre de responsabilité ?
Entreprendre@INSA est une marque que nous avons créée à mon arrivée, il y a un peu plus de deux ans, pour fédérer sous une identité commune l’ensemble des programmes dédiés à l’entrepreneuriat. Elle constitue aujourd’hui la brique opérationnelle de la politique entrepreneuriale de l’INSA Lyon. La direction Entrepreneuriat et Innovation va plus loin : elle porte la stratégie globale, à la fois sur l’entrepreneuriat et sur l’innovation. Autant l’entrepreneuriat se décline à travers des programmes concrets et dédiés, autant l’innovation est un processus collectif et systémique : elle peut naître partout (chez nos étudiants, chercheurs, doctorants, personnels mais aussi à l’extérieur de l’école) et chacun a son rôle à jouer pour la soutenir et l’aider à grandir (via des projets ou des stages, recherche, formation, plateformes pédagogiques, etc.). Il s‘agit donc d’animer ce système et cet univers des possibles, en donnant de la cohérence à l’ensemble, de la visibilité collective et en mettant en avant le rôle de chacun. Faciliter l’innovation, c’est aussi savoir faire des liens, et j’aime à dire qu’une grande part de mon travail est de savoir faire les bonnes connexions au bon moment. Enfin, dernier axe qui change concrètement : c’est la volonté d’avoir une influence plus marquée dans nos écosystèmes territoriaux, nationaux et européens sur ces sujets entrepreneuriat et innovation. 

D’ailleurs, en deux ans et demi, l’offre entrepreneuriale a été profondément restructurée. Quels sont, selon vous, les principaux acquis et succès de cette transformation ?
Lorsque je suis arrivé en 2023, l’entrepreneuriat à l’INSA Lyon reposait essentiellement sur la FÉE (Filière Étudiants Entrepreneurs) en dernière année, qui concernait 15 à 20 étudiants. Aujourd’hui, près de 120 étudiants entrepreneurs sont accompagnés chaque année. Cette évolution est à la fois quantitative et qualitative, avec la volonté de structurer un parcours clair et progressif favorisant l’émergence de projets plus robustes. L’offre a été organisée en strates, depuis une initiation obligatoire à l’esprit d’entreprendre avec L’Odyssée des Idées pour l’ensemble des étudiants en deuxième année, jusqu’à des dispositifs de découverte et d’exploration en 3e et 4e année, sur des projets fictifs ou réels. Ceci est complété par un bloc « Création » en dernière année, pour les étudiants souhaitant vraiment commencer leur carrière en tant qu’entrepreneur, regroupant notre historique FEE et la nouvelle Filière Entrepreneuriat Incubation (FEI), pour les étudiants ayant déjà maturé leurs projets en 3e ou 4e année. La FEE comme la FEI donnent droit maintenant à un Diplôme d'Établissement « Entreprendre : de l’idée à l’action » et permettent au projet entrepreneurial de remplacer le projet de fin d’étude durant le S10. Enfin, dans le prolongement, une nouvelle offre commence également à se structurer afin de valoriser ce savoir-faire d’émergence au-delà du public étudiant : nous préparons ainsi un titre d’ingénieur de spécialisation intitulé « Entreprendre et Innover pour les Transitions » que nous espérons ouvrir en septembre 2026.

Vous évoquez souvent l’« émergence des projets » comme le cœur de votre action. Pourquoi est-ce, selon vous, un enjeu stratégique majeur pour l’établissement ?
Nous avons fait ce choix de positionnement parce que l’émergence des projets est aujourd’hui le maillon le moins bien couvert de l’écosystème. Alors même qu’elle conditionne la qualité et la réussite des trajectoires entrepreneuriales et d’innovation, et que l’INSA Lyon, par son statut, sa masse critique et la diversité de ses compétences, est particulièrement légitime pour intervenir très en amont. Nous pouvons en effet nous permettre de prendre ce risque et de focaliser nos efforts pour faire naître des projets d’ingénierie innovants et responsables au service des grandes transitions. Le site de Lyon-Saint-Étienne regorge déjà d’acteurs performants pour l’incubation (CELSE, Pulsalys, H7, etc.). Mais tous cherchent à identifier et recruter de bons projets à accompagner : c’est la mission que nous nous donnons. Pour cela, nous faisons le pari de l'individu avant celui de l'idée. Nous détectons des profils animés par une véritable envie d’entreprendre et nous les aidons à faire naître un beau projet au contact de notre réseau. C’est ainsi que nous devenons un fournisseur de projets à haut potentiel pour les incubateurs de la région et que l’INSA devient « le lieu d’émergence des projets d’ingénierie responsable ».

Plusieurs projets accompagnés par l’INSA ont récemment été primés à l’échelle régionale et nationale. Que disent ces résultats du modèle développé par l’établissement ?
Oui, les résultats sont très encourageants. Rien que sur la fin de l’année 2025, L’Odyssée des Idées a remporté un prix national d’innovation pédagogique décerné par la Conférence des grandes écoles (prix Jean-François Fiorina), une reconnaissance forte de l’approche portée par l’INSA Lyon. Dans le même temps, le projet inLux Biotech, sorti en 2024, a été lauréat national du Prix Pépite, le prix du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dédié à l’entrepreneuriat étudiant. Et à l’échelle régionale, les projets issus des parcours entrepreneuriaux 2025 de l’INSA se sont également distingués lors du dispositif Lyon Start-Up. Sur une centaine de projets engagés au départ, trois étaient portés par des entrepreneurs INSA : les trois ont atteint le stade des finalistes, et deux d’entre eux ont été primés. Ces résultats montrent l’efficacité du modèle : en moins d’un an, des étudiants parfois sans projet initial atteignent un niveau de maturité et de reconnaissance régionale ou nationale, ce qui confirme la pertinence d’un accompagnement centré sur l’émergence.