ENTREPRISES

09 avr
09/avr/2020

ENTREPRISES

Crise sanitaire : des aides financières d’urgence mises en place par la Fondation INSA Lyon

Dès l’annonce du confinement, la Fondation INSA Lyon s’est mise en ordre de marche pour offrir de l’aide supplémentaire aux élèves-ingénieurs en difficulté. Entre mesures exceptionnelles et respect de l’égalité des chances, la Fondation assure, main dans la main avec l’école, une mission première de solidarité et joue son rôle d’accompagnateur vers la réussite dans un contexte inédit. Entretien avec Alexis Méténier, directeur de la Fondation INSA Lyon.

Dans cet état d’urgence sanitaire, la Fondation INSA Lyon a mis en place des mesures exceptionnelles, pourquoi ?
Le 16 mars, dès le lendemain de l’annonce du confinement, nous avons été sollicités par l'INSA Lyon pour créer, en étroite coopération avec la Direction des relations internationales, un programme d'accompagnement et d'aide au retour de nos étudiants, alors en stages ou échanges académiques à l'étranger. Enjoints vivement à rentrer en France, ils étaient notamment confrontés à des prix de billets d'avions inflationnistes. 
Nous avons donc décidé, en accord avec Jean Guénard, Président de la Fondation, de mettre en place un premier programme de solidarité. Il est destiné à la fois aux élèves boursiers avec une aide d'urgence forfaitaire de 500€ délivrée en un virement immédiat, et à tous les élèves confrontés à cette problématique de retour, avec un prêt d'honneur pouvant aller jusqu'à 1000€, remboursable dans les 12 mois suivant le diplôme.
Dans un second temps, début avril, afin de répondre à de nouveaux besoins des élèves, nous avons décidé conjointement avec l’INSA Lyon de renforcer ce premier programme par un dispositif d’aides financières exceptionnelles, dispositif qui sera également abondé par notre Fondation nationale et relayé dans tous les INSA.

Quelles sont ces aides et à qui s’adressent-elles en priorité ?
Ces aides financières exceptionnelles sont destinées aux élèves-ingénieurs en formation, aux élèves en double-diplômes et en échange, aux étudiants en masters et en mastères spécialisés, et aux doctorants. Elles couvrent prioritairement les besoins suivants : voyages de retour au domicile de résidence habituel, alimentation quotidienne, financement d’outils informatiques ou d’accès Internet ou encore de forfaits téléphoniques.
Ces mesures permettent de soutenir les étudiants qui avaient, avant la crise, un job étudiant ou un stage rémunéré, essentiel pour financer le quotidien. Il convient de souligner que nous avons 710 élèves en résidence sur l'INSA Lyon, 130 étudiants encore en échange et plus de 1000 élèves en situation de stages avec des configurations très variables, d’une situation de télétravail à une rupture de convention, en passant par le report du stage ou la suspension de rémunération.
J’ajoute qu’une attention particulière est prêtée aux étudiants en situation de handicap ou ayant des problèmes de santé, ainsi qu’aux étudiants internationaux logés sur le campus.
Je précise aussi que ces aides sont mobilisées dans le cadre de deux fonds de solidarité, celui de l’INSA Lyon, alimenté par la CVEC (Contribution de la Vie Etudiante et de Campus) en lien avec le CROUS ; et celui de la Fondation INSA Lyon, soutenu par le mécénat des entreprises et les dons des diplômés de l’école.

Comment parvenez-vous à attribuer ces aides ? 
Nous avons le bénéfice d'être immédiatement opérationnels. En effet, le fonds de solidarité de la Fondation accompagne des situations exceptionnelles depuis plusieurs années. Des critères existent mais nous sommes actuellement amenés à en définir de nouveaux, afin de gérer le volume des demandes qui nous parviennent via l'adresse mail spécialement mise en place :
solidarite@insa-lyon.fr. Nous avons reçu plus de 250 demandes dans les 72 heures suivant la diffusion de l’information. Il nous faut également adapter les aides à la diversité des situations, en intégrant des conséquences économiques familiales engendrées par la crise sanitaire, comme la perte de travail des parents ou la fermeture des frontières.
Il est aussi primordial de rester dans une logique de réussite et d’égalité des chances.
Ce fonds est géré par une commission transversale comprenant des représentants de l'école, de l’Institut Gaston Berger, de la Fondation et l’assistante sociale des élèves. Il agit de façon complémentaire au fonds de l'INSA Lyon, sur proposition et instruction de dossiers par l'assistante sociale. Toutes les décisions sont prises de façon concertée et en toute confidentialité. Dans le contexte actuel, nous allons fonctionner en commission élargie en lien avec le fonds de solidarité de l’INSA Lyon. 

Combien d’étudiants ont pu en bénéficier à ce jour ?
À ce jour, une douzaine d'élèves sont d’ores et déjà bénéficiaires de notre premier programme à l’international et les 250 demandes documentées ont été reçues et sont en cours d'instruction pour notre action de solidarité.

Ces dispositifs peuvent-ils, ou même doivent-ils s’installer dans la durée ?
Il s’agit avant tout d’une aide d’urgence dans un contexte exceptionnel. Nous ne souhaitons pas en faire un programme permanent mais nous craignons effectivement que les effets de la crise sanitaire aient des répercussions économiques sur le long terme, auprès des familles comme des élèves directement.
Nous nous apprêtons à devoir renforcer notre dispositif jusqu'à la rentrée universitaire de septembre 2020.
C'est pourquoi nous lançons, dès le mois d’avril, une campagne de mobilisation et d’appel aux dons auprès de notre communauté de diplômés, en collaboration avec l’association Alumni INSA Lyon. 

 

« La Fondation m’a offert une aide précieuse. Sans elle, je n’aurais pas pu rentrer en France » 
Témoignage de David, élève-ingénieur à l’INSA Lyon

Lors de l’annonce du confinement, David est au Canada. Élève-ingénieur en formation dans l’un des départements de spécialité de l’INSA Lyon, il poursuit un double-diplôme avec un établissement d’enseignement supérieur outre-Atlantique avec qui l’école noue un solide partenariat. Une fierté pour ce jeune homme, boursier du CROUS, qui, grâce à la Fondation INSA Lyon, bénéficie également d’une bourse de la Fondation Boccard. Des aides protectrices pour cet étudiant au parcours de vie tumultueux, loin des classes sociales privilégiées et livré à lui-même depuis son plus jeune âge. 
Admis directement en 3e année à l’INSA Lyon, David a intégré l'INSA Lyon après avoir effectué une classe préparatoire. Il découvre un monde qui l’accueille à bras ouverts et lui offre l’univers des possibles pour horizon. À tel point qu’il envisage une expérience à l’international en choisissant de poursuivre un double-diplôme de l’autre côté de l’Atlantique. Son aventure tourne court quand il apprend que la France, puis le Canada, passent en confinement pour cause d’urgence sanitaire, dans le but de lutter contre la propagation du Covid-19. « Toutes les universités au Canada ont fermé, les cours se font à distance, tout comme les examens. Il me restait deux cours et un stage de six mois à effectuer pour valider mon double-diplôme. Je ne voulais pas affronter seul cette situation de confinement, à l’autre bout du monde, sans savoir comment les choses allaient évoluer », explique le jeune homme, qui n’a malheureusement aucune possibilité financière pour organiser son retour en France. « J’étais seul, isolé, et sans aucune ressource pour pouvoir me projeter, dans un contexte très stressant. C’est un mail envoyé par la direction des mobilités internationales de l’INSA qui va m’aider, en m’informant de la mise en place par la Fondation INSA Lyon d’une aide de rapatriement. J’ai rempli le document joint et ai attendu la réponse qui s’est avérée positive. La Fondation a financé l’intégralité du montant de mon billet retour. Une aide ô combien précieuse. Sans elle, je n’aurais jamais eu la possibilité de rentrer en France aussi tôt et je ne sais pas comment j’aurais pu gérer la situation », complète l’étudiant boursier, très reconnaissant d’avoir été soutenu. Revenu sur le territoire français depuis le 22 mars dernier, David est à Rennes, entouré, et suit ses cours à distance. Il aurait dû terminer sa session canadienne le 21 avril, et enchaîner par un stage de 6 mois qu’il projetait de faire en région parisienne. À ce jour, il ne sait pas encore de quoi ses lendemains seront faits.