VIE DE CAMPUS

22 avr
22/avr/2020

VIE DE CAMPUS

Pour faire le plein de sérénité et bienveillance

Pour faire une pause dans nos pensées, beaucoup d’outils sont à notre disposition : méditation, sport ou encore activité artistique. Mais il est parfois difficile de dégager du temps pour ces activités dans la frénésie de notre rythme de vie, même confinés. Aujourd’hui, nous nous intéressons à deux façons de faire le vide, en se concentrant sur une tâche à la fois, et pourquoi pas, faire de ces principes des habitudes qui nous font du bien. Pour cette recette, il vous faudra un stylo, une feuille de papier ou un carnet, et un peu de temps devant vous. Du temps rien qu’à vous. 
 
Un mois de confinement, le bilan : notion du temps  
Déjà plus d'un mois de confinement s’est écoulé, nous laissant reprendre un semblant de routine quotidienne, à la maison. Pour certains et de façon paradoxale, ce nouveau rythme est peut-être aussi frénétique qu’avant : réunions en visio, école à la maison, cuisine, tâches domestiques… Jongler entre ces impératifs, dont la forme est plutôt nouvelle, sans profiter des soupapes de décompression que nous avions dans notre « ancienne vie » peut parfois laisser l’impression de manquer de temps, alors que ce confinement nous paraissait de prime abord la bonne occasion pour faire ce que nous n’avions justement pas le temps de faire. Ne serait-ce pas le bon moment pour faire le point ? À la manière de Rousseau, ou même de Bridget Jones, délestons-nous de nos pensées et de nos émotions qui s’entremêlent dans nos esprits d’êtres confinés.
 
Quelques outils pour ralentir 

  • Le traceur d’habitude : communément appelé « habit tracker », cet outil peut aider à transformer nos bonnes résolutions en automatismes.

Je voudrais me mettre au sport. Les deux ou trois jours suivants, cette volonté naissante est ponctuée de séances de sport intensives où rien ne semble m’arrêter. Puis le quotidien revient, reprend le dessus, dissipant comme par magie, la volonté si forte des premiers jours. 
 
La théorie communément admise voudrait qu’une - bonne ou mauvaise - habitude se change en 21 jours. Même si la véracité scientifique de cet adage n’est pas nécessairement prouvée, rien n’empêche d’essayer. Pour ce faire, quelques outils sont à disposition, tel que le « traceur d’habitude ».
 
Inspiré par la communauté des adeptes du « bullet journal » ou « bujo », un outil d’organisation qui fait fureur depuis quelques années, le « traceur d’habitude » est un bon moyen de prendre le temps de faire un point sur toutes les idées et projets qui naissent dans nos esprits. Coucher sur le papier les idées pourrait être une solution pour contourner le problème d’une motivation évanouie.
 
À partir d’un tableau ou de tout autre forme, il s’agit de lister les habitudes à mettre en place qui n’ont que votre imagination pour limite : méditation, sport, hydratation, écriture, affirmation, visualisation... Il vous faudra ensuite déterminer un moment de la journée pour « cocher » les cases correspondantes aux actions effectuées. L’objectif ? Créer une routine dans la mise à jour de son outil : le matin au lever, pendant que le déjeuner mijote dans la cocotte-minute ou le soir avant le brossage de dents. Le « traceur d’habitude » incite à répéter la tâche en question, chaque jour, pour la transformer en habitude. Si, à la fin du mois, lorsque vous analysez votre tableau et remarquez que certaines tâches n’ont pas été effectuées sur la durée, il est peut-être temps de faire le point sur la façon d’y remédier. 

  • Journal de gratitude pour dire « merci » 

Depuis le début du confinement, nombreux sont les applaudissements aux balcons des grandes villes pour remercier les travailleurs en première ligne dans la lutte contre le Covid-19. Chaque soir, nous remercions les personnels de santé, les travailleurs sociaux ou les employés de supermarchés sur lesquels nous pouvons compter pendant cette période si particulière. Et si nous continuions de cultiver et d’exprimer cette gratitude pour en faire une habitude ? Dire merci aux autres mais aussi à soi permet de se concentrer sur le positif et faire le plein de sérénité et de bienveillance. 

Valoriser les émotions positives qui nous traversent tout au long de la journée grâce au journal de gratitude. Quèsaco ? Il s’agit de lister les éléments ou les situations vécues tout au long de la journée pour lesquels nous sommes reconnaissants. Cultiver la gratitude au quotidien permet de valoriser ses émotions positives plutôt que ses frustrations. Dire merci au collègue qui nous a aidé à finaliser un dossier, se sentir reconnaissant pour cette pause-café en visio avec son équipe ou d’une pause déjeuner au soleil sont des éléments à noter dans votre journal de gratitude. Apprendre à se réjouir des toutes ces petites choses qui rendent heureux, à côté desquelles nous passons souvent sans dire « merci » permet de ralentir notre rythme de vie effréné, prendre le temps de vivre ses émotions positives pour aller vers plus de sérénité, notamment dans ses rapports aux autres. 

Confinement productif et détachement

Certains d’entre nous auront peut-être ressenti une certaine forme de pression face à cette injonction que certains médias ou réseaux sociaux ont parfois véhiculé : celle de « réussir son confinement », c’est-à-dire, mettre à profit cette période pour apprendre une nouvelle langue, entamer l’écriture d’un livre ou même lire un pavé par jour pour devenir la personne que nous rêvons de devenir et que nous n’avons jamais le temps d’être.

Ce confinement ne serait-il pas la véritable occasion de prendre la mesure d’une certaine culpabilité que nous abritons en nous, face à des images trop parfaites de confinement productifs ? Et de réaliser à quel point nos esprits tentent sans cesse de rester dans la course, au prix de notre paix d’esprit ?

Et si nous gommions les mots productivité et efficacité pour faire rimer confinement avec sérénité et bienveillance, chacun à son rythme ?