INTERNATIONAL

20 oct
20/oct/2016

INTERNATIONAL

ONU : quand l’INSA répond à une problématique mondiale d’habitat

L’INSA Lyon et le laboratoire EVS ont participé au concours international universitaire ONU-HABITAT 3 dans le cadre d’un programme lancé par les Nations Unies visant à promouvoir un accès à un logement décent pour tous. L’équipe lyonnaise s’est distinguée parmi une vingtaine de candidats venus des 4 coins du monde.

Pour mesurer l’investissement qu’il y a eu autour cette participation, il faut remonter dans le temps, et précisément à la visite du Président de la République d’Equateur Rafaël Correa sur le campus de l’INSA Lyon. En pleine problématique liée à la pollution aux métaux lourds de l’Estuaire du Guayaquil, Rafaël Correa rencontre en novembre 2013 l’équipe de recherche de la plate-forme Provademse, spécialisée dans le développement des procédés de traitement et de valorisation des déchets et effluents plus respectueux de l’environnement. Devant l’expertise de Provademse, le gouvernement équatorien commande une étude qui a pour objectif d’affiner le diagnostic et de proposer des solutions pour régler les questions relatives à la dégradation des milieux naturels (pollution aux métaux lourds : mercure, plomb, etc.). Provademse se met au travail.

« Il fallait dépolluer oui, mais il y avait un souci car aucune intervention n’était possible sans déplacement de populations. En effet, les gens se sont installés de manière anarchique autour de cet estuaire, parce que par le passé, il y a eu un fort exode rural dont les effets ont été la création de nombreux bidonvilles le long de l’Estero Salado. Les premières actions du gouvernement ont été d’aménager en parcs linéaires une partie des 41 km de l’Estero Salado en dégageant une bande de terres. Ces espaces étaient nettoyés, les berges stabilisées puis aménagés en parcs linéaires. Cette solution s’accompagnait du déplacement (relogement) d’une partie des populations dans un nouveau quartier (la « socio vivienda ») construit à cet effet à 18 km de là et à 16 km du centre ville de Guayaquil., Si les qualités de l’habitat et les conditions de vies étaient considérablement améliorées, ce quartier restait éloigné de tout et sans possibilité de travailler (travail informel). Il fallait trouver une autre solution intermédiaire, plus acceptable socialement » explique Chantal Berdier, Docteur INSA et enseignant-chercheur au laboratoire EVS (Environnement Ville et Société) de l’INSA Lyon.


Et c’est dans le cadre du concours lancé par les Nations Unies que Chantal Berdier poursuit la réflexion.
 

« Nous avons monté une équipe pluridisciplinaire franco-équatorienne composée d’un urbaniste, d’architectes, d’ingénieurs et d’un sociologue, nous avons travaillé tout l’été à un projet dans le cadre de ce concours axé sur l’habitat et l’aménagement. Notre idée repose sur 3 piliers : co-construire, protéger et se protéger et se développer. En résumé, le parti d’aménagement proposé repose sur un traitement global du site en terme d’habitat, d’espaces publics, mobilité et une forte implication des populations,  etc.  En terme d’habitat le projet repose sur une coproduction des espaces de construction qu’ils aménagent eux-mêmes avec l’aide d’architectes locaux. On les sensibilise à leur propre protection parce qu’ils vivent dans des lieux naturels à risques, et à celle de la nature contre les agressions humaines. On leur permet aussi de se développer autour de la production d’espaces et d’habitats co-produits modulaires, adaptables en fonction de leur évolution de vie » précise Chantal Berdier.


Ce projet d’aménagement intitulé « Vive el Guasmo » a été proposé à un jury international. Après délibération, l’équipe menée par l’INSA Lyon a remporté la 5e place du concours et une 2e mention.


« C’est génial que l’INSA soit repéré dans ce contexte comme un partenaire potentiel d’un gouvernement. La réflexion suit son cours et les projets futurs vont probablement s’inspirer des propositions faites dans le cadre de ce concours pour aménager « l’Estero Salado », une des fortes préoccupations de l’Equateur », conclut Chantal Berdier.