FORMATION

12 avr
12/avr/2018

FORMATION

Admission INSA : ingénieur différent, recrutement différent !

C’est ce moment qui fait la différence : l’entretien d’admission. 
Comprendre la motivation, percevoir la sensibilité aux valeurs véhiculées par l’INSA, recruter un profil qui pourra s’adapter naturellement au modèle de formation des INSA : c’est en cela que le Groupe INSA se démarque dans le paysage français de l’enseignement supérieur et de la recherche et des autres écoles d’ingénieurs.

C’est une étape décisive depuis toujours. En 1957, alors que le modèle INSA débarque dans le paysage français de l’enseignement supérieur, le mode de recrutement fait déjà parler de lui. Il n’y aura pas de concours à l’entrée de cet établissement lyonnais qui forme des ingénieurs et des techniciens supérieurs. Jean Capelle, co-fondateur de l’INSA Lyon, dira lors de son discours d’inauguration :

« Nous essayons de choisir en fonction des aptitudes intellectuelles certes, mais aussi du caractère ; nous apprécions les candidats actifs, sportifs, aimant la vie collective, capables d’initiatives, ce qui complète heureusement les qualités traditionnelles du bon élève. »

S’adressant aux élèves, il poursuivra avec cette phrase marquante :

« Je vous demande la curiosité sur le plan intellectuel, la sympathie sur le plan humain. »

Pour recruter, un outil va être alors appliqué. Inédit, il a le formidable intérêt de placer l’humain au cœur de la stratégie. Innovant, il a été élaboré par Gaston Berger, co-fondateur avec Jean Capelle de l’INSA Lyon.

« Gaston Berger, en tant que philosophe et entrepreneur, s’intéressait de très près à l’étude de la personnalité et du caractère. Il a publié en 1950 "Traité pratique d’analyse du caractère" et un questionnaire caractérologique. Les 7 premières promotions de l’INSA le passeront en même temps que l’entretien d’admission » explique Sonia Bechet, directrice adjointe de l’Institut Gaston Berger et auteur d’une thèse de doctorat en psychologie intitulée « Approche psychologique de la conception et de la validation d’un entretien de recrutement : application au processus d’admission en première année aux INSA ».

En 1957, ils étaient 1500 à candidater pour 300 places à Lyon. 60 ans plus tard, et après la naissance de 6 autres établissements calqués sur le même modèle, ils sont 17 800 à avoir déposé leur dossier pour 2 100 places dans toutes les écoles du Groupe INSA. L’attractivité du réseau INSA ne se dément pas d’année en année, bien au contraire. Et dans cette aventure du recrutement, la part de l’humain a toujours bénéficié d’une considération particulière. 

« Il a fallu s’adapter face à ce nombre croissant de candidatures et à l’agrandissement du réseau. L’entretien systématique a été abandonné en 1979 mais les élèves avec des notes « justes » pouvaient demander un entretien pour valoriser leur candidature s’ils le souhaitaient. En 2003, j’ai été embauchée pour remettre en place les entretiens d’admission » explique Sonia Béchet, alors ingénieur d’études et doctorante.

Face à la notoriété grandissante de l’INSA, comment donc préserver l’esprit initial de valorisation de l’humain et de ses qualités personnelles lorsque le nombre de candidatures explose, et que le temps est compté dans les procédures de recrutement ?

« J’ai poursuivi la réflexion déjà engagée à l’origine de l’INSA en redonnant toute leur place aux critères originels de sélection. Et cela dans le but de favoriser l’adéquation entre les valeurs du modèle et les candidats. J’ai pu proposer une méthodologie d’enquête ciblant des critères indépendants des résultats scolaires, autour d’entretiens menés par un jury formé à cette démarche » précise Sonia Béchet.

Enseignant, ingénieur et psychologue forment alors ce jury trinôme et échangent avec le candidat pendant 45 minutes. Jusqu’en 2015, ce seront ceux de la « vague B » qui seront reçus, afin de leur donner un coup de pouce pour améliorer leur classement et venir se placer parmi les 2500 meilleurs sélectionnés.
A partir de 2015 et sur injonction du Ministère, l’entretien est ajusté. Il concerne désormais les 5000 premiers classés et dure 30 mn. Le jury devient binôme.

« Cet entretien peut faire la différence. L’INSA a besoin de très bons élèves mais aussi qui sont sensibles aux valeurs de son modèle. Et si l’analyse restait cantonnée à l’examen d’un dossier ou la réussite d’un concours, on passerait à côté de certains profils. Aujourd’hui, la commission d’entretien est composée d’un binôme qui permet de croiser les regards, et qui doit respecter un maître-mot sur la conduite des échanges : la bienveillance » complète Corinne Laurent, directrice du service admission du Groupe INSA. 

Du 23 avril au 3 mai 2018, 400 examinateurs recevront donc 5000 candidats au Groupe INSA.
Quelques jours plus tard, le 22 mai, Parcours Sup fera une ou plusieurs propositions à chaque candidat, en tenant compte des réponses de chacun des établissements ou regroupement d’établissements figurant dans leurs vœux.

Composition de l’entretien
Accueil collectif des candidats, avec présentation Groupe INSA
Entretien individuel avec jury
Rencontres avec élèves-ingénieurs


Claude Maranges
Président de la commission d'admission Inter-INSA, directeur de la formation de l'INSA Toulouse et enseignant jury d’entretien

« Je participe aux entretiens tout d'abord parce que c'est un moment très agréable. On y découvre des parcours de lycéens "impressionnants" avec des activités diverses et variées, beaucoup d'engagement. Bref, en deux mots, "de belles personnes". On entend parfois que la jeunesse n'est pas engagée ou impliquée : j'invite toutes celles et ceux qui pensent cela à participer aux entretiens. Ils changeront rapidement d'avis !
Il ne faut pas oublier que nous recevons des lycéens, de 16 ou 17 ans, qui vivent pour la première fois un entretien. Plutôt que d’entretien, il s’agit bien d'échange. Il se déroule dans une ambiance sympathique et détendue, nous souhaitons mettre à l'aise les candidats pour voir leur "vraie" personnalité et pas le discours stéréotypé que certains pensent que l'on attend. Nous sommes donc dans une attitude bienveillante pour déceler chez chaque candidat ses points forts et "ses qualités humaines". Il s'agit aussi d'essayer de percevoir le potentiel du candidat et comment il pourrait s'épanouir à l'INSA. Nous ne devons pas oublier notre rôle de formateur et le fait qu'à cet âge, les lycéens ont 5 ans devant eux pour se révéler et "éclore" dans le contexte INSA. » 


Michel Durgueil
Ingénieur INSA Lyon Génie Mécanique Construction diplômé en 1980
Jury d’entretien depuis une quinzaine d’années

« J’ai répondu à l’appel de l’INSA Lyon pour être membre de jury d’entretien parce que ma formation dans cette école a été très importante pour moi. Ma mission de jury est de parvenir à détecter les meilleurs profils au regard des jeunes retenus par le processus d’admission, pour qu’ils soient au plus proche de ce que l’INSA recherche, et au plus proche de ce qu’ils ont envie de faire. J’ai choisi de faire partie des jurys de recrutement pour éviter qu’un jeune, même s’il a de très bonnes compétences scientifiques, ne prennent la place d’un jeune qui veut vraiment intégrer l’INSA. Ce que je cherche avant tout, c’est de voir ce que ces candidats ont dans le ventre, pourquoi ils veulent faire l’INSA, comment ils savent s’organiser, et comment ils se comportent en groupe parce que dans leur future vie professionnelle, cela comptera.  
On rencontre beaucoup de gens pendant cette période de recrutement, et même à mon âge on en apprend encore. On échange avec des jeunes qui ont des parcours époustouflants. Certains nous font rêver. »

 

Les chiffres des candidats aux admissions du Groupe INSA en 2018
17 805 bacheliers, dont 17 186 issus de la filière S, candidats en 1re année
852 candidats aux admissions en 2e année
7295 candidats aux admissions en 3e année  
752 candidats aux 5 filières par apprentissage de l'INSA Lyon