RECHERCHE

16 jan
16/jan/2019

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RESEED : Relever les défis de l’assainissement de demain

Créer la station d’épuration du futur, tel est le challenge que souhaite relever le pôle commun de recherche RESEED, pour « RESsourcEs Eaux & Déchets », constitué du laboratoire DEEP de l’INSA Lyon et de l’unité de recherche REVERSAAL d’IRSTEA, qui sera inauguré le 29 janvier à l’INSA Lyon.
Rencontre avec Jean-Luc Bertrand-Krajewski, directeur du laboratoire DEEP à l’INSA Lyon et membre de RESEED, qui travaille au développement et au déploiement d’écotechnologies innovantes en matière de gestion des eaux usées et pluviales.

Les eaux usées : une source d’énergie à valoriser
Émissions de gaz à effet de serre, résidus persistants de micropolluants, consommation énergétique… Le traitement des eaux usées n’est pas sans conséquence sur l’environnement, et avec 21 631 stations de traitement des eaux usées dénombrées1 en 2017 en France, imaginer la station d’épuration de demain est devenu une urgence. D’autant plus que ces plateformes de traitement de l’eau regorgent de potentiels énergétiques inutilisés.

« Il est temps de traiter les déchets des eaux usées comme une source d’énergie renouvelable, plutôt que comme quelque chose dont il faut se débarrasser. Valoriser cette énergie, en transformant les boues des stations d’épuration en biogaz ou en utilisant le phosphore contenu dans les boues par exemple, permettrait d’une part d’améliorer la qualité de l’eau épurée et d’autre part de réduire les impacts écologiques de ces stations en réutilisant leurs propres déchets » explique Jean-Luc Bertrand-Krajewski.

L’utilisation de technologies digitales pourra apporter un réel progrès dans les
recherches : gérer les flux et analyser l’environnement en temps réel au moyen de capteurs par exemple, pourrait donner naissance à des procédés plus durables et à une eau mieux épurée.

Se structurer pour répondre aux enjeux de demain

« Deux des compétences majeures du laboratoire DEEP concernent les eaux pluviales et l’impact des polluants qu’elles transportent, ainsi que la méthanisation. Le centre d’IRSTEA Lyon-Villeurbanne est, lui, expert en matière de traitement des eaux usées. Il était important d’unir nos forces car le cycle de l’eau exige une logique globale : la mutualisation de nos compétences et de nos outils conduit à des résultats plus efficaces qu’en petites unités de recherche » ajoute le directeur du laboratoire DEEP. 

Le pôle commun de recherche, qui organise ses travaux selon trois axes « Réduire les flux émis (eaux, matières et polluants) à l’aide de traitements appropriés et/ou d’actions amont », « Réutiliser » et « Récupérer et valoriser les ressources », est né de relations anciennes entre les deux entités spécialistes de l'eau. Se structurer ainsi offre plus de visibilité pour des recherches qui s’inscrivent dans des politiques européennes et nationales.

« Les membres de DEEP et REVERSAAL travaillaient déjà ensemble avant la création de RESEED, mais nous avons souhaité donner un cadre à ces collaborations en nous appuyant sur des compétences pluridisciplinaires. De plus, nous avons la chance de pouvoir conduire nos travaux de recherche à différentes échelles, et notamment sur la plateforme d’expérimentation d’IRSTEA adossée à la station d’épuration de la Feyssine, ce qui est une aubaine pour les chercheurs de RESEED », explique Jean-Luc. 

À travers différents projets mobilisant vingt-neuf personnels INSA et seize personnels IRSTEA, RESEED s’engage dans une nouvelle ère qui contribuera à rendre l’assainissement plus propre et durable. 

Source : http://assainissement.developpement-durable.gouv.fr/index.php