INSA LYON

06 mai
06/mai/2020

INSA LYON

Reprenons la main sur nos trajectoires : la revue de presse de la semaine de la prospective

À l'heure du confinement imposé par la pandémie actuelle, le Comité d'études prospective #INSA2040 propose une revue de presse sur les impacts de la crise sanitaire en lien avec les enjeux majeurs identifiés pour l’avenir de l’INSA.

Transversal

Les métaphores guerrières ne sont pas rares dans le domaine de la santé publique, mais n'est-il pas plus que jamais nécessaire de s'écarter de ce registre martial ? Car ce qui nous arrive, ce n'est pas une guerre, mais l’occasion de remettre en cause notre rapport au monde vivant. Face à cette maladie caractéristique de l'Anthropocène, il nous faut inventer d'autres modes d'existence, attentifs aux vivants et ouverts aux temporalités multiples qui sont les leurs.
Bernadette BENSAUDE-VINCENT, Terrestres, 30/04/2020.
 

Le fait d’avoir du temps nous fait perdre la notion même de temps. Pour bien sentir le temps qui passe, faudrait-il donc se laisser « intoxiquer par la hâte » ? Chacun est chez soi, mais presque plus personne ne sait où il habite. Notre barycentre existentiel a soudain changé de place, ce qui malmène notre identité coutumière. En somme, sans plus attendre quelque Godot que ce soit, nous nous remettons à penser le monde d’après, en tenant compte d’une part de ce que nous voulons, d’autre part de ce que nous savons déjà, mais aussi de ce que nous sommes en train d’apprendre et de comprendre dans la très étrange situation que nous vivons. C’est ainsi que, mine de rien, le temps se trouve redynamisé en force historique ! N’était-il pas grand temps ?
Étienne KLEIN, The Conversation, 29/04/2020.

 

Réinventer la formation pour accompagner les enjeux de société

Le défi, pour l’éducation, est, d’ouvrir vers une « éthique minimaliste », susceptible d’exprimer des devoirs à valeur universelle, obligeant tout être humain voulant être digne du beau nom d’« homme ». En ce sens, l’éducation dans le monde d’après aura la lourde tâche de faire renaître l’humanisme de ses cendres. Est-ce possible ? L’avenir le dira. Si, toutefois, la chanson de Béart, « Il n’y a plus d’après », ne s’avère pas prémonitoire pour l’espèce humaine, qui pourrait mourir par manque d’éducation !
Charles HADJI, The Conversation, 01/05/2020.

 

Focaliser la recherche sur les enjeux sociétaux majeurs en synergie avec la formation

Ces dispositifs de surveillance effraient. Je pars du principe que si l’on connaît la technologie employée et les problèmes éthiques qu’elle soulève, alors nous pouvons, en amont, envisager des solutions pour rétablir la confiance, par exemple en protégeant la vie privée. Il faut adopter là une éthique de responsabilité. Cela ne signifie nullement que l’on abandonne nos convictions morales et démocratiques, mais cela veut dire que celles-ci doivent être mises en regard des nécessités de protection de la population dans le contexte actuel.
Gaëlle PRIGENT, Le Journal du CNRS, 24/04/2020.

 

Incarner l’humanisme scientifique

« Tu ne tueras point » : Le sixième commandement du Décalogue biblique révèle qu'il existe toujours une différence entre les règles et les expériences humaines.
« L’imperceptible dérive de nos habitudes » : Lorsqu’on a appris à faire quelque chose, nous n’avons généralement plus besoin d’y penser pour le faire. Ce qui, bien entendu, peut poser problème.
« L’importance d’apprendre à désapprendre » : Une fois acquis, nous déployons nos savoir-faire sans y penser. Sans recul, les comportements adoptés peuvent progressivement devenir non éthiques. D'où la nécessité du désapprentissage. Trois podcasts de 3 minutes.
Laurent BIBARD, The Conversation, 01/03/2020.

 

Mettre les personnels au cœur du projet

De nouvelles questions, relatives notamment à l’organisation du monde du travail, émergent, qui mériteraient d’être débattues le plus largement possible. À titre illustratif : le niveau de corrélation entre le salaire et la fonction d’utilité sociale, l’extension du domaine de l’indépendant au salariat classique, les modalités nouvelles d’organisation du travail, la collaboration entre cols blancs et cols bleus ou verts (c’est-à-dire des fonctions qui ne se croisent jamais dans une vie professionnelle)... Voilà autant d’enjeux qui redessinent les relations, aussi bien sociales qu’intimes, à l’intérieur des organisations. Les êtres humains qui les composent veulent comprendre ce qu’ils font là. Il est temps de leur donner des réponses.
Antoine BRACHET, Usbek et Rica, 24/04/2020.