FORMATION

12 avr
12/avr/2018

FORMATION

Maxime Lohya : science avec conscience vers le salut de l’Humanité

Étudiant en 4e année de Génie Mécanique, Maxime s’est questionné sur le sens de ses études. Doté d’un esprit scientifique, il découvre à l’INSA la diversité et grâce à sa participation au TEDxINSA, la conscience d’un système… à refaire.

« Je suis né carré. Est-ce qu’il y a des cercles dans la salle ? » Voilà comment Maxime Loyha, élève-ingénieur de 21 ans, a introduit son propos lors de TedxINSA, le 22 mars dernier. Seul sur scène, il prend la parole pour la première fois devant un public, avec le challenge de faire passer un message, d’engager une réflexion. Et c’est sur l’éducation qu’il a souhaité éveiller les consciences, et plus particulièrement sur la conviction qu’il faut parvenir à changer la société par ce biais.

« Ce sujet m’est apparu comme une évidence quand j’ai décidé de participer à cette édition du TEDxINSA qui avait pour thématique cette année, « Break the rules », qu’on peut traduire par « enfreindre les
règles ». Je suis revenu sur mon parcours scolaire dès mon plus jeune âge, et sur le fait que les professeurs ne se rendaient pas compte du pouvoir qu’ils pouvaient avoir sur notre scolarité. On prône la réussite scolaire selon des normes établies, sans permettre à chaque enfant, chaque élève, d’exprimer sa différence. » 

Et c’est avec sa propre expérience que Maxime va étayer son discours. Né « carré » donc, il dit avoir un équilibre entre sciences et littérature mais manquer d’habilité manuelle, avec une sensibilité à l’art proche de 0… Il manquera de redoubler son CP à cause de grosses difficultés en écriture et en lecture.

« Je n'aimais pas écrire, alors quand je m'ennuyais, je mettais ma feuille en format paysage et suivais les colonnes au lieu des lignes. Et la maîtresse me disait que je ne progresserai pas tant que je ne ferai pas comme tout le monde, en mettant ma feuille droite et en suivant les lignes. On me disait que je faisais mal quelque chose car je ne le faisais pas comme on me l'avait enseigné » explique le jeune homme, qui 3 ans plus tard, va se balader en CM1, grâce à la découverte des mathématiques avec lesquels il révèle une appétence. Il manquera d’ailleurs de sauter cette classe !

« Naître dans une société où les maths sont mises à l’honneur, quelle chance ! Et pas seulement en France mais dans tous les pays du monde ! Mais trouvez-moi un seul pays qui met l’art plastique au même niveau que les maths ? Qu’en est-il des cercles, des triangles et des octogones qui ont une intelligence plus créative, mis en échec scolaire par un système éducatif généraliste, surtout au collège, qui repose sur un cadre proche du carré ? » 

Maxime s’interroge et sa pertinence est d’autant plus audible compte tenu de sa propre réussite scolaire. À l’aise avec les outils mis à disposition par l’Éducation nationale, il ne peut s’empêcher d’observer les choses d’un autre œil, sensible aux difficultés de ceux qui ne réussissent pas à rentrer dans ce cadre imposé. 

« Qui peut me définir ce qu’est l’intelligence ?... Personnellement, j’ai beaucoup de mal ! C’est une sorte de savoir et de savoir-faire, une aisance d’esprit mais peut-elle se traduire par des faits manuels ? Je le pense. Mais pourquoi une partie de ce qu’est « l’intelligence » n’est pas reconnue dans la société ? Peut-on vraiment être fier d’avoir réussi quand on sait que l’on force les autres à devenir un « idéal » sans même leur mettre autre chose dans la main qu’un crayon ? Pourquoi un plombier aurait moins de mérite qu’un ingénieur ? Pourquoi un financier se sent plus à l’aise dans cette société qu’un maçon ? »

Pour le jeune homme, il faut changer l’éducation, à la base.

« Nous devons admettre le fait que l’intelligence est un arbre avec plusieurs branches, et donc que plusieurs chemins mènent au tronc. Nous pensons le monde avec tous nos sens : l’ouïe, la vue, mais également par le toucher, le goût et l’odorat. Certains sont plus enclins à se représenter une chose quand un de leurs sens est sollicité. » 

Poussé par sa réflexion, Maxime avance sa certitude : le salut de l’Humanité existe dans l’expression de la diversité, qui permet à la créativité de chacun de s’exprimer.

« Sait-on vraiment de quoi allons-nous avoir besoin dans 20 ans ? Dans 30 ans ? De quoi la société aura-t-elle besoin si l’on continue à consumer notre planète comme une peau de chagrin ? Elle aura besoin d’un miracle. Et ce miracle ne se trouvera pas dans un manuel scolaire, n’en déplaise à mes professeurs, il se trouvera dans un cerveau créatif. Nous devons miser, pour l’avenir, sur la seule constante de l’humain : son intelligence brute, sa capacité à être créatif. C’est un don, que nous devons utiliser avec précaution. Car il me vient une citation de Jonas Salk, un biologiste américain, qui disait que si les insectes venaient à disparaître, en l’espace de 50 ans ce serait la fin de toutes espèces vivantes ; mais que si l’humain venait à disparaître, en l’espace de 50 ans toutes espèces vivantes prospéreraient. »