INSA LYON

06 juil
06/juil/2020

INSA LYON

Égalité de genre : l’INSA s’empare de la question 

À l’heure où l’INSA Lyon travaille à faire à évoluer sa formation et à enrichir les réflexions sur l’ingénieur·e* de demain, un enjeu prend pleinement son sens : celui de l’égalité de genre. Regard croisé avec Clémence Abry-Durand, chargée de mission égalité de genre à l’Institut Gaston Berger de l’INSA Lyon, et Jean-Luc Debayle, chargé de la qualité de vie au travail à l’INSA Lyon, en charge d’élaborer le premier schéma directeur égalité de genre de l’établissement.

Une chose est sûre : l’enjeu est de taille et le challenge aussi. Faire évoluer les mentalités et développer la responsabilité sociétale de l’établissement est un travail de longue haleine. Le contexte est favorable : l’INSA Lyon s’attaque à sa maquette de formation et s’apprête à l’ajuster. Développement durable & responsabilité sociétale et numérique font faire partie intégrante des enseignements, dès la rentrée 2021.
Durant les derniers mois, Clémence et Jean-Luc ont de leur côté alimenté les réflexions sur la thématique du genre et partagé le projet auprès des conseils et instances. Un peu stoppée par la pandémie et le confinement imposé, la démarche reste pour autant d’actualité. 
À l’approche du premier anniversaire de la loi de transformation de la fonction publique, adoptée le 6 août 2019, les premiers travaux visent l’élaboration d’un plan d’actions égalité professionnelle, une obligation pour l’établissement, mais pas seulement. Dans ce « schéma directeur égalité de genre », qui définit les contours de la politique de l’école en la matière, l’ambition est portée plus loin que ce que n’impose la loi. 

« Nous avons choisi d’intégrer toute la communauté INSA dans ce schéma directeur, personnels comme étudiant·es, là où la loi nous oblige à traiter uniquement ce volet pour les personnels. Un certain nombre d’actions ont déjà été faites sur le sujet, mais nous souhaitons passer à l’étape supérieure et fixer des objectifs plus larges à atteindre, quitte à créer nos propres indicateurs », explique Jean-Luc Debayle.

La tâche est ardue mais l’énergie, bien présente. Cinq axes de travail ont été déterminés pour organiser les débats et la construction des mesures, auxquels correspondent cinq groupes de travail. À commencer par ce plan d’actions pour l’égalité professionnelle, dont le rendu auprès du Ministère est fixé au 31 décembre 2020. Dans ce cadre-là, écarts de rémunération entre femmes et hommes, égal accès aux fonctions, équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle sont à l’étude. 

« Un autre point nous occupe, et c’est le chantier le plus urgent : la lutte contre les discriminations, le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles, avec la création d’un dispositif d’écoute et de signalement de ces situations, ouvert à toute la communauté », précise Clémence Abry-Durand. « Nous aimerions le mettre en service d’ici la fin de l’année, tout est à faire mais il est essentiel de pouvoir garantir une procédure transparente et un lieu d’écoute, ainsi que d’engager les mesures qui conviennent en regard », complète-t-elle.

Si ces deux axes répondent aux injonctions ministérielles, trois autres sont spécifiques à l’INSA Lyon. Leur raison d’être : contribuer à développer une approche intégrée de la question de l’égalité de genre sur le campus. « Il s’agit de mener des actions pour diffuser la culture de l’égalité à l’INSA, en sensibilisant personnels et élèves, dans leur vie quotidienne, aux questions liées au genre », indique Clémence. Des toilettes non genrées à la prise en compte de l’identité de genre, en passant par la sécurité sur le campus sont des exemples très concrets de problématiques à considérer, pour accompagner le changement vers un établissement inclusif et contribuant à une société plus juste. 

« Autre point, la question de l’attractivité de l’école d’ingénieurs auprès des filles, à travers la thématique de la mixité des filières et métiers d’ingénieur·es. L’INSA Lyon se place parmi les écoles les plus engagées en la matière avec un taux de filles très encourageant mais rien n’est jamais acquis définitivement et les choix de spécialité restent toujours très marqués. Cette répartition très genrée perdure ensuite dans le monde du travail et peut se traduire par des inégalités professionnelles. Des actions sont déjà menées en ce sens, mais il s’agira de les développer et d’en concevoir de nouvelles en mobilisant tout l’écosystème de l’établissement, des filières de l’INSA aux associations, entreprises et partenaires », souligne Clémence. 

Mais s’il est un point qui résume bien toute l’ampleur de la démarche, c’est sans doute celui-ci : intégrer le genre dans la formation et la recherche. Si un cours à la carte et des conférences à destination des élèves existent déjà, l’objectif est d’inclure plus systématiquement la dimension du genre dans les enseignements et les travaux de recherche. Il est finalement bien question d’un enjeu de société, auquel l’INSA souhaite apporter des réponses avec sens. « L’objectif est de parvenir à construire une approche intégrée de la question du genre à l’INSA Lyon, c’est-à-dire de traiter de ce sujet dans toutes ses dimensions et pour tout le monde. D’ailleurs, chacune et chacun, élève ou personnel, pourra contribuer à ce projet en participant aux groupes de travail dès la rentrée », confirment ensemble Clémence et Jean-Luc, qui comptent sur la mobilisation de tous et toutes pour contribuer à ce projet, fidèle aux valeurs INSA : former des ingénieur·es humanistes, ouvert·es et différent·es, tels que les avait imaginé Gaston Berger, le père d’un modèle unique en son genre ! 

* Cet article est rédigé en intégrant la démarche de l'écriture inclusive, à titre d'exemple. Le schéma directeur prévoit d'ailleurs une réflexion afin de clarifier ces règles typographiques en la matière pour une communication plus juste et sans stéréotypes de genre.