VIE DE CAMPUS

20 nov
20/nov/2018

VIE DE CAMPUS

Bientôt ingénieur diplômé, il renoue avec sa plume et remporte un concours d’écriture

« Certains voulaient être pompier ou aviateur.
Moi, mon métier secret, c’était écrivain. » 

 

Rencontre avec Marien Côme, étudiant en 5e année au département Télécommunications, Services et Usages (TC) de l’INSA Lyon et lauréat de la deuxième édition du concours « L’aérien pour relier la jeunesse » organisé par La Fondation Antoine de Saint-Exupéry, en partenariat avec Le Labo des Histoires, le raid Latécoère-Aéropostale et les éditions Gallimard.

Rêves d’enfant et espoirs d’adulte : vols en correspondance 

« Le concours nous invitait à proposer une lettre porteuse d’un message d’espoir à propos de l’avenir, à la manière du Petit Prince, l’œuvre la plus connue d’Antoine de Saint-Exupéry. Toutes les lettres ont ensuite été déposées dans un sac de jute, comme à l’ancienne, et envoyées à Dakar à travers les avions du Raid lors d'un vol commémoratif. Elles seront distribuées dans des écoles francophones et serviront de support pédagogique aux élèves sénégalais pour étudier la langue française. C’est le concept qui m’a d’abord séduit : c’est un peu comme le lâcher de ballons à la kermesse, tu ne sais pas qui le recevra. »


Remise des lettres aux pilotes du Raid

C’est lors d’un échange à Valparaiso, au Chili, que Marien décide de participer au concours.

« Présenter ma lettre au jury a été une vraie révélation pour moi. Ma mère et ma grand-mère étaient professeures de français alors j’ai toujours beaucoup lu et beaucoup écrit. L’amour des mots, je le cultive depuis mon plus jeune âge. Mais cette fois, j’écrivais en tant qu’adulte et mon écriture était récompensée autrement que par des notes en cours de français. C’était une bonne manière de renouer avec l’écriture que j’ai délaissée en faveur de mes études d’ingénieur. J’ai pris le temps d’écrire cette lettre, j’ai rassemblé des souvenirs du Mali que j’ai visité quand j’avais 14 ans et j’ai fabriqué le reste. Ma lettre est celle de Simon qui, s’adressant à son ami malien Soumana, confie ses peurs et ses espoirs au sujet de son pays, la France. »  

Les messages du Petit Prince pour inspirer le métier d’ingénieur

« J’ai choisi le métier d’ingénieur pour pouvoir rendre le monde meilleur. Il y a peut-être deux camps chez les ingénieurs, et je pense qu’il vaut mieux être un ingénieur bon plutôt qu’être un bon ingénieur. Il faut savoir prendre du recul, être conscient de toutes les conséquences que notre métier peut engendrer et développer un sens de l’éthique. Nous sommes chanceux à l’INSA Lyon de pouvoir être épaulés pour développer des compétences transversales et cultiver l’ouverture ; d’ailleurs les cours d’Humanités m’ont souvent permis de continuer à écrire, pour mon plus grand bonheur. »   


Marien avec les pilotes de la Patrouille de France (PAF)

Quand les télécommunications embrassent les mots 

« Une école d’écrivain, ça n’existe pas. Mais tout le monde a un rapport aux mots, même les esprits scientifiques. C’est lors d’un stage au Chili auprès d’un enseignant chercheur1 que j’ai constaté que mon amour pour les mots et l’ingénierie n’étaient pas tout à fait incompatibles. J’ai accompagné le Professeur Wenceslao sur une création d’algorithmes d’aide à la rédaction scientifique. Le Professeur travaillait sur les réseaux de mots et de phrases en utilisant la théorie des graphes, et cherchait à développer un outil stylistique qui permettrait de clarifier les textes scientifiques à l’aide de mots clés. Fait du hasard ou non, c’était inattendu de pouvoir jumeler l’écriture et les systèmes de télécommunications, deux domaines qui me touchent personnellement. »   

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La lettre de Marien : 

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1 Pr. Wenceslao Palma Muñoz (Pontificia Universidad Catolica de Valparaíso, Chili)

©Eric Lefeuvre