RECHERCHE

14 mar
14/mar/2017

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PITAGOR : les géosynthétiques passés au crible pour le marché

Comment apporter de la valeur ajoutée à un produit technique fabriqué par une entreprise française et faire évoluer les normes dans son domaine d’activité ? C’est tout le défi que s’est lancé PITAGOR, laboratoire commun associant l'équipe de recherche GRG du laboratoire SMS-ID de l’INSA Lyon et l'entreprise TEXINOV.

Spécialiste européen dans son domaine, le PME française Texinov a développé un savoir-faire unique dans l’innovation et la conception de textiles techniques fonctionnels. Au service de plusieurs marchés (Génie Civil, Agriculture, Médical et Industrie), elle s’est progressivement tournée vers l’expertise de l’INSA Lyon pour travailler main dans la main sur ses produits et améliorer leurs performances.
C’est ainsi qu’est né le laboratoire commun PITAGOR, pour Plate-forme d’Innovations Technologiques Appliquées aux Géosynthétiques des Ouvrages Renforcés, financé par l’Agence National de la Recherche.

« Notre contrat de laboratoire avec l’ANR a été signé en décembre dernier et nous allons pendant les 3 années qui viennent, grâce au budget alloué de 300 000 euros, aider Texinov à développer de nouveaux produits et à changer les normes vieillissantes du secteur, pas forcément adaptées aux géosynthétiques qui peuvent être développés aujourd’hui » explique Laurent Briançon, enseignant-chercheur à l’INSA Lyon et directeur de PITAGOR.

Cas pratique
C’est grâce au parcours de ce scientifique que l’aventure PITAGOR est rendue possible. D’abord Maître de Conférences aux Conservatoire des Arts et Métiers, Laurent Briançon suit le projet de la ligne TGV Tour-Bordeaux, qui a la particularité de traverser 2 km de zones marécageuses avant la Dordogne. Après un passage de deux ans en bureau d’études et une arrivée à l’INSA Lyon en 2014, il assiste la société Terrasol pour apporter la solution à VINCI et fait valoir l’intérêt du géosynthétique.

« La solution initiale de VINCI était d’implanter dans le marais de la « Virvée » des inclusions rigides de 12 mètres de profondeur dans ce sol inconstructible, puis de les coiffer de dalles de béton. Le remblai viendrait par-dessus et permettrait la construction de la ligne ferroviaire. Sollicité pour la validité technique de cette solution, nous avons proposé de remplacer les dalles de béton par des nappes de géosynthétique» raconte Laurent Briançon.

Les deux solutions sont testées sur le même tracé et l’étude va en effet démontrer que la géogrille en PVA (Polyvinyle Alcool) conçue par Texinov apporte une meilleure efficacité au projet.

« Le chantier était simplifié, moins coûteux, moins long, avec une solution durable puisque garantie pour la durée de vie de la ligne» précise le chercheur, qui annonce avec fierté que l’ouverture de la ligne TGV Tour-Bordeaux est imminente, grâce en partie aux produits de Texinov.

« L’entreprise a même intégrer des fibres optiques dans cette géogrille, pour mesurer les variations de la déformation des géosynthétiques installés permettant de vérifier leur efficacité. L’utilisation de ces rouleaux géosynthétiques complètement instrumentés est très intéressante » ajoute le scientifique.

C’est vers ce type de projet, où l’expérience valide la solution géosynthétique, que PITAGOR veux s’orienter.

19 personnes composent les 3 pôles de fonctionnement de PITAGOR (ingénierie & technique, scientifique, et administratif), rejoints à ce jour par deux doctorants et de nombreux étudiants. PITAGOR sera inauguré le 16 mars prochain sur le campus de l’INSA Lyon en présence de représentants du réseau INSA, Texinov, du pôle de compétitivité Techtera, d’Indura et de l’ANR.

 

PITAGOR développe son activité avec 7 sujets d’études :

- frottement aux interfaces
- géosynthétiques sur cavité
- géosynthétiques sur inclusions rigides
- fluage des géosynthétiques
- géosynthétiques multifonctions
- endommagement à la mise en oeuvre
- géosynthétiques instrumentés