VIE DE CAMPUS

06 juin
06/juin/2018

VIE DE CAMPUS

Gaëtan Charlot élu "Sportif de l'année" par la communauté INSA. 

Chaque mois un étudiant sportif de haut niveau (SHN) est élu « sportif du mois ». Depuis 4 ans maintenant la communauté INSA élit le sportif SHN de l'année parmi les sportifs du mois !

Cette année, ils étaient 10 à concourir pour le titre de sportif de l’année, remporté en 2017 par Thibault Colard en aviron pour sa médaille olympique aux JO de Rio, en 2016 par Fanny Gibert en escalade pour son titre de championne de France élite sénior de Bloc et en 2015 par Sophia Bouderbane championne d'Europe Espoir de Karaté. 

Gaëtan Charlot en 2e année au Premier cycle a été élu avec 23.02% des 1985 voix recueillies !

Il revient sur son parcours :

« Handicapé de naissance, diplégique exactement ; je souffre d’une malformation neurologique qui entraine une sorte de déconnexion musculaire de mes membres inférieurs qui m’empêchent de marcher. Je peux me déplacer sur quelques mètres grâce à un médicament, le baclofène, diffusé en permanence dans mon corps grâce à une pompe placée sous ma peau. 

J’ai découvert l’escrime par hasard à 7 ans et petit à petit, grâce à ce sport d’opposition, d’assauts de duels, d’analyse, j’ai pris confiance en moi. L’escrime a été précurseur ; ça a été ma première activité où j’ai pu me confronter aux autres et au monde valide, où je me suis rendu compte qu’à égalité, assis dans un fauteuil, je pouvais faire face aux situations et jouer d’égal à égal. Ça m’a libéré…

Ensuite, j’ai enchainé les activités. J’ai effectué à peu près tout ce qu’une personne en situation de handicap est capable de réaliser : basket, ping-pong, ski, fauteuil tout terrain, handi-wake, canoë-kayak, jet-ski, quad, tir-à-l’arc… Au final, j’ai gardé l’escrime, ma discipline principale et le basket, mon activité de loisir.

D'abord fleurettiste, je me suis orienté vers l'épée. J'adore cette activité car le respect de l'adversaire en constitue l'essence. Il combine finesse, pugnacité, réflexion, vitesse et spontanéité, soit une panoplie de qualités à maitriser qui en font un sport très complet. D'autre part – contrairement à l'escrime valide où les compétiteurs passent beaucoup de temps à avancer et reculer tout en sautillant sans croiser le fer – être en fauteuil fait que l’on est constamment à portée de son adversaire. La pratique en « handi » en fait un sport beaucoup plus spectaculaire et cela est plus que rare pour être signalé. 

J'ai intégré l’an dernier l’INSA, filière SHN en 2016. En émettant le vœu de rejoindre cette école, j’espérais mener à bien mon double projet : ingénieur et sportif de haut niveau avec en point de mire l'objectif de participer aux jeux paralympiques de Tokyo en 2020 ou Paris 2024. 

Aujourd’hui, après bientôt deux ans de présence au sein de cette école, je me rends compte que j’ai vraiment fait le bon choix. Tout est mis en œuvre ici pour réussir dans les deux domaines, reste pour ma part à travailler et faire les efforts nécessaires.»

Si Gaëtan a été élu sur ses performances de mai 2017, il enchaîne les beaux résultats en 2018. Il a terminé 2e par équipe et 8e en individuel à la coupe du monde qui a eu lieu à Montréal en avril 2018. Il a également remporté 3 étapes du circuit national dont la dernière victoire date du 3 juin 2018 à Bordeaux. Il a joué la finale face à Romain Noble, 7e mondial, sûrement une de ses plus belles victoires.

« Lors de cette finale, je n’ai pas explosé sur les premières touches et ai fait jeu égal en début d’assaut (2-2) ; c’est alors que j’ai sorti le grand jeu et à la surprise générale pris le dessus ! Le public attendait un retour de l’adversaire que l’on pensait inéluctable. Le suspens était terrible car le score semblait irréaliste mais je n’ai rien lâché. La dernière touche était magique : la pointe de mon épée a effleuré la main de mon adversaire au moment où celui-ci allait m’asséner un de ses coups dont il a le secret. Trop tard, la lampe verte s’est allumé, synonyme de victoire.  Je n’en revenais pas, j’ai dû regarder le score avant d’éclater de joie ; je venais de battre l’icône de l’handi escrime français, champion paralympique par équipe à Rio. »

Cet exploit vient consolider sa première place au classement en cours des épéistes français et illustre la grande qualité de nos sportifs !

Félicitations à lui pour le titre de sportif de l’année et aux SHN pour leurs résultats d’exception et un grand merci à tous ceux qui participent aux élections des sportifs du mois !