INTERNATIONAL

20 juil
20/juil/2020

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Engagement citoyen à l'international : une étudiante INSA remporte un trophée de la Région Auvergne-Rhône-Alpes

Depuis plusieurs années, l’INSA Lyon est partenaire du programme Jeunes Ambassadeurs de la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui met en place un système de parrainage entre étudiants internationaux et acteurs institutionnels, économiques ou culturels de la région. Les jeunes ambassadeurs vont alors découvrir l’entreprise de leur parrain ou marraine et le fonctionnement du système français, en suivant un planning riche : visites d’entreprises, conférences, découvertes culturelles… Les binômes peuvent également prendre part au Concours des Trophées qui se base sur la conception d’un projet de développement innovant, réaliste et à terme réalisable, qui permet un rapprochement entre la région Auvergne-Rhône-Alpes et la région d’origine du jeune ambassadeur.

Pour cette édition 2020, plus de 11 étudiants INSA ont participé au programme dont Simona Miladinova, étudiante en 4GE à l’INSA Lyon. Originaire de Macédoine du Nord, elle a remporté le Trophée « Citoyen » pour son projet « Comment réduire le décrochage scolaire et donner vie aux formations professionnelles en Macédoine du Nord ? » réalisé avec le soutien de sa marraine, Sophie Putcrabey, responsable projets internationaux au centre de formation professionnelle SEPR.
 

« Comment est née ton idée de participer aux Trophées ?

- Quand je suis partie de Macédoine du Nord pour faire mes études à Lyon, j’avais déjà la volonté de contribuer à quelque chose pour mon pays. Je voulais rester en France après la fin de mes études tout en prenant part au développement de la Macédoine du Nord, que ce soit culturellement, économiquement ou socialement. L’idée n’était pas très claire au départ mais après 4 ans en France, j’ai décidé d’agir dans le domaine de l’éducation, par l’importation d’un concept très commun en France : la formation par le biais de stage et de l’alternance. Il est vrai que la Macédoine du Nord met en place de plus en plus de formations en alternance dans le pays, mais cela est assez lent et encore très nouveau.

En novembre 2019, avec cette idée de projet, encore vague à ce moment-là, j’ai décidé d’intégrer l’association Jeunes Ambassadeurs grâce à une annonce sur le site de l’INSA Lyon. L’idée de pouvoir réaliser un projet avec des professionnels expérimentés m’a vraiment intéressée. J’ai tout de suite été motivée pour participer au concours des Trophées, et ainsi, apporter ma contribution au domaine de l’éducation de mon pays en tissant le lien entre la région Auvergne-Rhône-Alpes et ma région d’origine.

- Comment s'est passé le suivi avec ta marraine ?

- Le suivi s’est très bien déroulé. J’ai rencontré ma marraine, Sophie Putcrabey, à la soirée de rencontre des binômes au début du programme, le 16 octobre 2019. L’association Jeunes Ambassadeurs a pris le soin de bien associer chaque binôme en fonction du projet et du domaine d’expertise du parrain.

Ma marraine s’est tout de suite montrée motivée et intéressée par la Macédoine du Nord. On a parlé de mes idées de projets alors encore vagues. Par son expérience en tant que chargée de projets européens au sein de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat du Rhône et ses nombreux partenariats avec des lycées professionnels européens, elle m’a confortée dans le choix d’un projet essentiellement tourné vers le développement des formations professionnelles.

On se rencontrait souvent chez elle pour travailler sur le projet et on se retrouvait aussi pendant les « JAfter Work », des soirées organisées par l’association pour réunir tous les étudiants et leurs parrains. J’ai aussi pu visiter la Chambre des Métiers et de l’Artisanat avec elle. L’association prévoit, en effet, que l’étudiant visite l’entreprise de son parrain. Elle m’a beaucoup aidée pour échanger avec les différents partenaires du projet et m’a fait rencontrer des personnes de son réseau qui pourraient être intéressées. Pendant le confinement, on a pu rester en contact que ce soit par mail, par visioconférence ou par téléphone. Ma marraine a toujours été très présente, et notamment pendant ma préparation au Concours des Trophées.

- Quelles difficultés as-tu rencontrées et comment y as-tu fait face ?

- Tout d’abord, il s’agissait d’un projet très ambitieux. Au début, j’ai eu du mal à me focaliser sur un but précis et sur les démarches concrètes. En discutant avec ma marraine et en voyant les moyens qui se présentaient, j’ai pris la décision de me centrer sur la formation des professeurs et sur l’échange des savoirs faire français et macédoniens pour instaurer la formation par le biais de stages et de l’alternance en Macédoine du Nord. A long-terme, le projet pourrait s’élargir aux départs en échange de stagiaires macédoniens et français.

La deuxième difficulté principale était le problème financier. Il fallait trouver des financements pour soutenir le voyage des professeurs français vers la Macédoine du Nord et des professeurs macédoniens vers la France. Heureusement, le programme Erasmus+ propose un budget pour la formation professionnelle. De plus, j’ai pu rencontrer le maire de Negotino, ma ville d’origine, et lui demander une aide financière pour une partie du budget du projet.

- Quelle est la suite envisagée pour concrétiser ton projet ?

- Pour l’instant, avec la situation mondiale, nous devons surtout attendre que tout se stabilise et que les frontières s’ouvrent à nouveau.

Nous comptons poursuivre le projet et le proposer à l’organisation ETF (European Training Foundation) qui gère notamment les centres de professionnalisation au niveau européen.

Je cherche également à cerner les véritables besoins en alternance des entreprises de ma ville en Macédoine du Nord. S’agissant d’un concept nouveau, il faut savoir si ces entreprises seraient prêtes à participer. Par exemple, en France, nous travaillons principalement sur le projet avec le Lycée CFA Hôtelier François Rabelais à Dardilly, spécialisé dans la boulangerie. Il nous faut donc trouver des entreprises macédoniennes dans ce domaine qui pourraient être intéressées à recevoir des alternants et des stagiaires.

- Est-ce que ta marraine va continuer de t'accompagner ?

- Oui, elle va continuer à suivre le projet avec le même rythme qu’elle le faisait pendant le programme Jeunes Ambassadeurs. Elle a d’ailleurs changé d’emploi entre temps et travaille désormais au SEPR, un centre de formation professionnelle initiale à Lyon. Nous envisageons d’intégrer ce centre dans le projet, même si pour l’instant, il ne s’agit que d’une idée.

- Quels conseils donnerais-tu aux étudiants INSA qui voudraient concourir aux Trophées ?

D’abord, même si cela fait toujours plaisir de gagner un prix, il faut participer au concours parce qu’on a un projet qui nous tient à cœur. C’est l’étudiant qui crée le projet seul et qui cherche des partenaires en France et dans son pays d’origine. Il faut donc faire preuve de motivation et choisir un projet bénéfique à long-terme pour les deux régions du monde.

Ensuite, je dirais qu’il ne faut pas s’éparpiller dans ses idées et se focaliser sur un sujet, même si, au début, on ne sait pas trop où on va et ce qu’on va faire concrètement. Il faut bien remplir le questionnaire qui sert à l’association des binômes pour être sûr que notre parrain ou marraine saura nous accompagner pleinement sur le projet. Cela n’empêche pas de pouvoir discuter du projet avec les autres parrains des Jeunes Ambassadeurs pendant les évènements organisés. »

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