Research

18 Dec
18/Dec/2018

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Réduction des déchets en entreprise : des solutions existent !

Sensible à l’environnement depuis toujours, Corentin Le Hesran, doctorant en thèse à l’INSA Lyon, propose une solution à la problématique suivante : comment limiter la quantité de déchets solides produits par une industrie grâce à l’ordonnancement ?

Diplômé de l’École Centrale de Nantes, Corentin Le Hesran a rejoint l’INSA Lyon et le laboratoire DISP (Décision et Information pour les Systèmes de Production) dans un but bien précis : travailler sur un sujet qui a recueilli toute son attention lorsqu’il était encore double diplôme à l’Université de Séville. « L’intégration de la gestion des déchets pour un pilotage durable des processus industriels », une thèse proposée par l’INSA Lyon et les Mines de Saint-Étienne, touche à deux aspects qui lui sont chers : l’ordonnancement et l’écologie. 

« En industrie, la problématique la plus souvent étudiée est l’optimisation de la chaîne de production pour avoir un meilleur rendement, produire à plus faible coût et plus rapidement. La thèse que je réalise se démarque des études préalables car elle intègre un critère rarement pris en
compte : la réduction des déchets. En effet, lorsque les entreprises travaillent sur un aspect écologique, elles se concentrent sur la réduction de leur consommation d’énergie et non pas sur la réduction des déchets produits. Cependant, réduire sa quantité de déchets permet de faire des
économies : matière première gaspillée, coût de maintenance des machines, énergie consommée ou encore coût d’entreposage et d’évacuation des déchets. »

Corentin travaille depuis novembre 2016 avec Valérie Botta-Genoulaz et Anne-Laure Ladier du DISP et Valérie Laforest des Mines de Saint-Étienne. Le DISP est un laboratoire spécialisé dans l’ordonnancement, soit l’organisation des différentes phases sur une chaîne de fabrication en industrie. Cette approche permet de modifier une organisation et un mode de fonctionnement sans avoir de changement de produits, de machines ou de matières. Les gains sont donc directs sans investissements. 
Son terrain d’étude ? Une entreprise de production d’enjoliveurs. Il a réussi à modéliser mathématiquement l’étape de peinture des enjoliveurs pour réduire la quantité de peinture perdue à chaque nettoyage de buse. 

« L’objectif de ma thèse n’est pas de supprimer 100% des déchets produits, car le coût serait bien trop élevé. Je dois trouver la solution la plus optimale entre les problématiques économiques et écologiques. J’ai donc fixé deux contraintes : limiter les frais de stockage du produit fini (critère économique) et minimiser le nombre de changement de couleur (critère écologique). Grâce à mes équations, je peux désormais définir l’ordre optimal pour peindre les enjoliveurs en créant le moins de déchets possibles, tout en restant compétitif. Une nouvelle modélisation, plus complexe, est en cours pour traiter des problèmes de plus grande taille. Elle ne pourra cependant pas être codée sur le même logiciel que la première (Cplex) car le temps de traitement des données serait bien trop long ! Je vais donc utiliser un nouveau langage (C++) et de nouveaux algorithmes mathématiques. »

Prochaine étape ? Détailler les processus plus précisément pour identifier de nouvelles variables sur lesquelles agir.

« Je travaille actuellement sur l’identification des étapes de la production qui génèrent le plus de déchets. Je les quantifie, estime leurs coûts et impacts. Je vais proposer une nouvelle méthodologie qui décomposera chaque processus pour trouver sur quelle étape agir précisément. Cela permettra de faciliter l’intégration d’objectifs environnementaux dans les modèles mathématiques »

Un article a déjà été publié dans une revue scientifique en 2018. En juillet 2019, Corentin sera prêt à déposer son dossier final et pourra soutenir sa thèse en novembre.
Et ensuite ?

« Je ne sais pas encore quelle voie prendre : continuer en postdoc à l’étranger, intégrer une industrie, voyager, rejoindre un laboratoire. Je veux me laisser toutes les portes ouvertes. Ces trois années à travailler sur des sujets nouveaux et inexplorés ont été très stimulantes intellectuellement. J’ai vraiment apprécié pouvoir apporter une solution mathématique à un problème concret. Cependant, j’ai été confronté à la réalité du domaine, et fait face au manque d’intérêt des industriels pour la recherche. Je ne baisse pas les bras et continue d’être persuadé qu’un jour ces sujets deviendront primordiaux pour les industries. »

 

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