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Maxime Folliet, de l’INSA Lyon à bioMérieux : l’ingénieur à l’esprit d’équipe
Diplômé en Biochimie et Biotechnologies et aujourd’hui responsable d’équipe R&D chez bioMérieux, Maxime Folliet incarne cette génération d’ingénieurs INSA Lyon qui conjuguent expertise technique et intelligence humaine. Entre les laboratoires de pointe de l’ouest lyonnais et les sentiers de trail, portrait d'un homme pour qui la réussite est avant tout une aventure collective.
Tout commence en 2008. Fraîchement admis à l’INSA Lyon en troisième année, au département alors appelé Biosciences après un DUT, Maxime Folliet découvre l’effervescence du campus de la Doua : « Mon premier souvenir, c’est l’arrivée dans une grande école, avec une renommée très importante », se souvient-il.
Pour cet arbitre de football, l’école devient un terrain de jeu idéal grâce à la section Sportifs de Haut Niveau (SHN). « L’INSA a toujours encouragé le développement personnel en parallèle des études. L’aménagement des horaires m’a permis de concilier les cours et ma passion ». Le jeune homme garde de ses années à l’INSA le souvenir d’une formation complète. « Une école qui m’a permis de me développer intellectuellement, mais aussi relationnellement ». Il obtient son diplôme d’ingénieur en 2012.
Une rencontre presque naturelle avec bioMérieux
Pour Maxime Folliet, l’entrée au sein de l’entreprise familiale lyonnaise bioMérieux s’inscrit dans une continuité presque naturelle, tant celle-ci est liée à l’histoire même de l’INSA Lyon. Dès 1957, le Docteur Charles Mérieux figure parmi les acteurs majeurs de la création de l’établissement, aux côtés de Gaston Berger et Jean Capelle, et impulse la naissance du département Biosciences, devenu aujourd’hui Biotechnologies et Bioinformatique. L’entreprise fait alors naturellement partie du quotidien des étudiants. « Quand j’ai intégré l’INSA Lyon, on avait des blouses financées par bioMérieux, avec leur logo », se rappelle-t-il.
Acteur mondial du diagnostic in vitro, bioMérieux développe des solutions de diagnostic destinées à améliorer la prise en charge des patients et la sécurité sanitaire. C’est lors d’un stage d’été, en 2011, sur le site de Craponne, que le jeune ingénieur fait ses premiers pas en entreprise. « Ça m’a tout de suite plu », confie-t-il. De cette première expérience découle une alternance pour son projet de fin d’études, orientée vers l’amélioration continue, en lien avec le département Génie industriel. Une manière de compléter sa formation en sciences du vivant par une approche plus transversale des organisations et des processus.
Depuis, Maxime Folliet n’a jamais quitté bioMérieux. CDD, puis CDI en 2014, toujours sur le site de Craponne. « C’était vraiment l’aboutissement de quelque chose : tout ce que j’avais appris pendant ma formation trouvait enfin une application concrète dans mes premières missions. »
Grandir avec l’entreprise
Après quatre années en amélioration continue, Maxime saisit une opportunité de mobilité interne. En 2017, il est détaché pendant un an comme manager de production, au cœur de la fabrication des boîtes de Petri, un produit emblématique du site. Une expérience décisive. « J’ai été confronté à la difficulté du management », résume-t-il, évoquant la gestion du quotidien, les tensions, les arbitrages humains.
Cette immersion ouvre la voie à un nouveau poste : responsable d’un service d’industrialisation, qu’il dirige pendant cinq ans, dont les années Covid. À la tête d’une équipe d’une douzaine de personnes aux métiers très techniques, il supporte la production des milieux de culture fabriqués à Craponne.
La rigueur au service du collectif
Depuis 2023, l’ingénieur a pris la responsabilité d’une équipe R&D dédiée au diagnostic pour l’industrie agroalimentaire. Il encadre aujourd’hui une dizaine de collaborateurs, cadres et techniciens. « On se met vraiment dans la peau du client : on teste le produit, que ce soit un logiciel, un instrument ou un réactif, pour vérifier qu’il correspond aux attentes », explique-t-il.
Si Maxime Folliet reste solidement ancré dans les sciences du vivant, il identifie une autre compétence clé héritée de l’INSA : la méthode. Une rigueur qui irrigue aussi bien la démarche scientifique que le management d’équipe et la prise en compte des attentes clients. « Quand on pilote des projets complexes, avec des enjeux humains, scientifiques et industriels, on a intérêt à être rigoureux, organisé, méthodique », affirme-t-il.
Une rigueur qui ne se traduit pas par une vision dogmatique du management. Au contraire, Maxime tient à nuancer : « Le management n’est pas un “Graal”, c’est quelque chose qu’on doit avoir en soi. Il faut avoir la fibre, l’envie. J’ai appris sur le terrain, parfois dans la difficulté. Aujourd'hui, mon rôle, c’est de créer du lien ».
Transmettre, à son tour
Cette vision du management, Maxime Folliet a rapidement eu envie de la partager. Depuis 2017, il est ainsi devenu un visage familier de l’INSA Lyon. À travers des modules de gestion de projet ou de compétences comportementales, il bouscule les certitudes purement techniques des futurs diplômés.
Sur le terrain comme en entreprise, Maxime Folliet l’a appris : la réussite ne tient pas qu’à la technique, mais aussi à la qualité des relations. Il cherche donc à apporter du concret, à partager des situations réelles, à montrer ce qui se joue au-delà de la technique.
Il accompagne même ses étudiants jusque dans la pratique : sous son impulsion, ils sont invités à venir analyser leurs propres bières, fabriquées en cours de procédés, directement dans les laboratoires de bioMérieux. « On utilise nos solutions de biologie moléculaire pour détecter d'éventuelles flores d'altération. C’est concret, c’est parlant. »
Une relation gagnant-gagnant
À travers son parcours, Maxime incarne la relation étroite entre l’INSA Lyon et bioMérieux. Une relation historique, mais surtout vivante. Parrain de la promotion 2022 du département, acteur du mécénat de compétences, participant aux travaux de co-construction pédagogique, il observe les bénéfices des deux côtés. « Pour l’école, c’est un partenariat structurant. Pour l’entreprise, c’est un accès direct aux talents et une formation alignée avec nos besoins. Et pour moi, c’est un formidable levier de développement personnel ».
Être au contact des étudiants est aussi une manière de se remettre en question. « Ils nous challengent, notamment sur les enjeux environnementaux », reconnaît-il. Une précieuse boussole, à l’heure où les ingénieurs sont appelés à jouer un rôle central dans la transition écologique et l’intégration des technologies numériques.
Treize ans après son diplôme, Maxime Folliet n’a jamais vraiment quitté l’INSA Lyon. Il en est devenu l’un des ambassadeurs discrets, incarnant une ingénierie exigeante, engagée et profondément ancrée dans le réel.
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