Research

16 Oct
16/Oct/2019

Research

Corrosion des matériaux : un consortium public-privé né pour (faire) durer

Un consortium de recherche dans le domaine de la corrosion est né en Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’appelle CorRTEx, réunit des partenaires du public et du privé, et ouvre la voie à de nombreux travaux de recherche en matière de durabilité des matériaux. Entretien avec Marion Fregonese, responsable de l’équipe Corrosion et Ingénierie des Surfaces au laboratoire MATEIS de l’INSA Lyon.

L’INSA fait partie de CorRTEx et défend une place de choix dans le domaine de la durabilité des matériaux et de la corrosion. Quelle est la valeur ajoutée du consortium ?
« La mutualisation des outils et des compétences autour de la corrosion dans une démarche collaborative. CorRTEx propose de répondre aux besoins des industriels en matière de corrosion de leurs équipements et installations. En se regroupant en consortium, les partenaires ont pu s’équiper d’un outil de pointe, garantissant notamment le contrôle des milieux d’essais jusqu’à haute pression (jusqu’à 200 bar) et haute température (jusqu’à 350°C), et permettant de tester la résistance à la corrosion de divers matériaux en milieu contrôlé. L’instrumentation que nous souhaitons implémenter sur le dispositif permettra également de progresser dans la compréhension des mécanismes élémentaires de dégradation par corrosion. » 

Qui sont les partenaires de ce consortium ?
« L’Institut de la Corrosion, l’INSA Lyon, les Mines Saint-Etienne, l’IFP Énergies nouvelles, Axel’One, MECM (Materials Engineering & Corrosion Management), le CNRS et l’Université Lyon 1. L’association public-privé est un point fort de ce consortium parce qu’il permet une recherche partenariale de pointe appliquée à de grands enjeux. C’est grâce à cette configuration que les partenaires ont pu s’équiper de cet outil, unique à notre connaissance en France, qui permet de contrôler le milieu dans lequel est exposé le matériau, jusqu’à des hautes pressions et températures, en conditions sévères (sous gaz acides (CO2, H2S) notamment). » 

Quels projets vont pouvoir être menés grâce à cet équipement ?
« L’Institut de la Corrosion et l’IFP Énergies nouvelles sont les opérateurs de la boucle, et l’utiliseront en partie pour leurs recherches propres. Les partenaires académiques auront aussi cette possibilité. Mais l’idée est que des projets collaboratifs voient le jour autour de cet outil. Un projet ANR (Agence Nationale de la Recherche) pour des applications dans le domaine de la géothermie est ainsi en cours de montage. La boucle de corrosion peut aussi servir de support pour des projets régionaux et européens, et des projets en collaboration avec des industriels, en particulier dans les domaines de l’énergie et de la chimie. Dans les semaines qui viennent, elle sera « en rodage » sur la plateforme d’innovation collaborative Axel’One PPI à Solaize, dans le Rhône, lieu de son implantation définitive. »