Research

19 Jul
19/Jul/2018

Research

Une école de recherche dédiée aux problématiques de l’eau ? C’est fait !

Produire des cadres de haut niveau en matière de thématiques liées à l’eau, à l’interface de plusieurs disciplines et capables de proposer des solutions adaptables face à un avenir impossible à prévoir ? C’est toute l’ambition de cette École de Recherche H2O’Lyon, portée par l’Université de Lyon avec parmi les membres de sa direction : Sylvie Barraud, Professeure à l’INSA Lyon et chercheure au laboratoire DEEP (Déchets Eaux Environnement Pollutions).

L’eau, cette denrée précieuse. Sera-t-elle rare demain ? Incontrôlable ou au contraire maîtrisée ? Sera-t-elle associée à plus de sécheresse ou au contraire à plus de précipitations ? Autant de questions qui amènent à un constat.

« Nous sommes en situation d’alerte au sujet de l’eau depuis de nombreuses années, et nous nous devons d’anticiper et surtout, de trouver des solutions adaptables pour aménager et gérer nos territoires ». Le ton est donné par Sylvie Barraud, Professeure à l’INSA Lyon et chercheur au laboratoire DEEP.

Depuis un an, cette spécialiste de la gestion des eaux pluviales s’est lancée dans une nouvelle aventure. Avec Christophe Douady, Directeur de LEHNA (Laboratoire d’Écologie des Hydrosystèmes Naturels et Anthropisés – UMR CNRS 5023) et Hervé Piegay (Laboratoire Environnement Ville Société – UMR CNRS 5600), ils ont répondu à l’appel à projets « École Universitaire de Recherche » (EUR) du troisième volet du programme d’investissements d’avenir (PIA3) lancé par l’État. Leur objectif : renforcer l’impact et l’attractivité, surtout sur le plan international, de la recherche et de la formation sur toutes les thématiques liées à l’eau.

« On s’est aperçu qu’en recherche, on travaillait l’interdisciplinarité depuis longtemps mais qu’en matière de formation, chacun restait chez soi. Le dispositif du PIA nous a fait prendre conscience de toute l’étendue de nos formations dans le domaine, et nous avons compté jusqu’à 17 parcours proposés sur Lyon et Saint-Étienne qui traitent de la thématique de l’eau ou qui sont en lien ! Il est apparu comme une évidence d’amener de la cohérence autour de cette offre, surtout pour être mieux visibles et mieux compris à l’international » explique Sylvie Barraud.

C’est ainsi qu’est donc né le projet « École Universitaire de Recherche des Sciences de l’Eau et des Hydrosystèmes » (H2O’Lyon), grâce à la puissance de toute une communauté sur l’eau créée il y a plus de 30 ans.

« L’aventure a en effet commencé dès le début des années 80, avec l’émergence de structurations locales, comme l’OTHU que j’ai dirigé, la ZABR ou le GRAIE et bien d’autres dispositifs. En juin 2017, dans le cadre du deuxième volet PIA, c’est l’École Urbaine de Lyon qui voyait le jour, dirigée par Michel Lussault. On est cohérent en imaginant l’École de recherche H2O’Lyon notamment sur la thématique de l’anthropocène et le Labex IMU sur la ville » souligne la co-directrice.

Et c’est avec cette démarche de structuration et de mise en cohérence de l’offre de formation et de recherche lyonno-stéphanoise que le projet a remporté l’appel d’offres et 8,5 millions d’euros de financements. « De quoi développer les projets de recherche, les masters et l’encadrement associé, des universités d’été, des post-doc pluridisciplinaires, et de l’édition d’ouvrages pédagogiques. La production de cadres de haut niveau dans notre domaine est un enjeu national, européen et international, et travailler ensemble va permettre d’apporter des solutions pérennes, enrichies par l’interdisciplinarité » précise Sylvie Barraud.

10 établissements d’enseignement supérieur sont impliqués dans cette aventure, intégrant les Sciences Humaines et Sociales, Sciences Physiques et d’Ingénierie et les Sciences de la Vie et de l’Environnement pour appréhender l’ensemble des enjeux liés aux différentes thématiques de l’eau. L’Ecole de Recherche H2O’Lyon doit démarrer en septembre 2018, avec pour l’heure l’objectif de créer un label H2O. 

« Il y a une énergie incroyable autour de cette belle aventure, avec la petite étincelle de ceux et celles qui savent qu’ils vont faire des trucs sympas. Cet enthousiasme est peut-être né parce qu’on se connait depuis longtemps et que nous bénéficions déjà d’une belle visibilité en recherche » conclut Sylvie Barraud.