Equipe conjointe INSA de Lyon / Inra
Découverte majeure dans la recherche sur l’immunité innée
L’équipe “Symbioses et Signalisations Immunitaires” (SymSImm) du Professeur Abdelaziz Heddi de l’unité “Biologie Fonctionnelle Insectes et Interactions” (BF2I) co-tutellée par l’INSA de Lyon et l’Inra annonce une découverte majeure sur les mécanismes de l’immunité innée.
Les résultats de ces recherches remettent en cause l’idée selon laquelle le système immunitaire aurait pour seul rôle d’éliminer toutes les bactéries et les organismes étrangers. Ils viennent ainsi s’ajouter aux recherches menées par l’équipe de Jules Hoffmann, récent Prix Nobel de médecine, sur la compréhension des mécanismes de l’immunité innée et ouvrent de nouvelles voies qui pourraient déboucher, à terme, sur des connaissances utiles en médecine humaine ou en agronomie. Ces travaux menés sur le charançon, un insecte ravageur des céréales, font l’objet d’une publication dans l’édition du 21 octobre 2011 de la revue Science.
Tous les organismes, dont celui de l’Homme, évoluent dans un milieu non aseptique, c’est-à-dire peuplé de microbes comme les virus et les bactéries. On distingue généralement trois types de bactéries : les bactéries pathogènes, à l’origine des maladies, mais également les bactéries commensales et les bactéries mutualistes qui sont, elles, beaucoup plus nombreuses, vivent en harmonie à l’intérieur des organismes vivants et sont nécessaires à leur survie.
Depuis Louis Pasteur et Robert Koch, qui ont permis les principales avancées en bactériologie, l’idée que la réponse immunitaire a pour rôle d’éliminer les bactéries est prédominante. Les chercheurs de l’INSA et de l’Inra ont mis en évidence chez le charançon l’existence d’une réponse immunitaire qui ne tue pas les bactéries vivant en symbiose avec l’insecte, mais au contraire les maintient et les régule en contrôlant leur division cellulaire.
Cette première scientifique ouvre de nouvelles voies pour la connaissance fondamentale des mécanismes de l’immunité innée qui pourraient déboucher, à terme, sur des recherches en médecine humaine. Dans les applications agronomiques, la mise en évidence du rôle majeur que joue la coléoptéricine dans la survie du charançon pourrait déboucher dans les prochaines années sur la mise au point de moyens de lutte contre les insectes nuisibles, à l’aide de molécules capables d’agir sur la symbiose entre l’insecte et sa bactérie. Ces solutions, plus respectueuses de l’environnement, devraient permettre des alternatives aux insecticides et pesticides.
A propos du laboratoire Biologie Fonctionnelle, Insectes et Interactions (BF2I) – bf2i.insa-lyon.fr
Implantée sur le domaine scientifique de la Doua (Campus LyonTech à Villeurbanne), l’Unité Mixte de Recherche «Biologie Fonctionnelle, Insectes et Interactions» (BF2I) est l’un des 21 laboratoires de l’INSA de Lyon. Associée à l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique), l’unité est rattachée au département «Santé des Plantes et Environnement» dont une mission principale est d’acquérir les bases cognitives permettant de prévoir et de gérer les interactions des plantes cultivées avec leur environnement biotique (agresseurs microbiens, insectes ou autres groupes animaux). Tournées à la fois vers la formation et la recherche, les activités de l’unité sont conduites par une équipe de 30 à 40 personnes dont environ 25 permanents.

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